AVOD: regarder gratuitement, avec de la publicité
L'AVOD, pour advertising video on demand, est un catalogue de films et de séries que l'on ouvre sans abonnement et qui se paie en publicité: le service vend l'attention du spectateur à un annonceur, et laisse regarder le programme en échange.

Une plateforme AVOD ne coûte donc rien en euros, et coûte 2 choses que le prix ne montre pas: des coupures, et un catalogue mouvant.
Le sigle appartient à une famille de 4 modèles rarement définis au spectateur français, et les confondre fait perdre du temps: on ne cherche pas un film récent dans un catalogue publicitaire.
AVOD, SVOD, BVOD, FAST: 4 modèles et ce qui les sépare
Les 4 modèles se séparent sur une seule question, celle de savoir qui paie et à quel moment, et le reste en découle: la taille du catalogue, sa stabilité et le délai au bout duquel un titre y arrive.
| Le modèle | Ce que le spectateur donne | Ce qui décide du catalogue |
|---|---|---|
| SVOD, abonnement | Un abonnement mensuel, reconductible | Des licences achetées cher, souvent exclusives, plus des productions propres |
| AVOD, publicité | Son attention, et souvent un compte | Des licences de fonds de catalogue, moins chères et plus courtes |
| BVOD, replay d'une chaîne | Rien sur le service public, un compte sur les chaînes privées | Ce qui vient de passer à l'antenne, pour la durée de rattrapage achetée |
| FAST, chaînes en continu | Son attention, sans compte le plus souvent | Une grille thématique montée à l'avance, sans choix de titre |
BVOD, broadcaster video on demand, est le nom que le métier donne au replay: de l'AVOD ou du gratuit financé par l'impôt, adossé à une chaîne et limité par une fenêtre de 7 jours en règle générale, en France en août 2026. FAST, free ad supported streaming television, désigne des chaînes qui défilent en continu et que l'on rejoint en cours de route. Ces sigles et quelques autres sont définis un par un dans SVOD, AVOD, FAST, replay.
La différence entre SVOD et AVOD, en 3 points
La différence entre SVOD et AVOD tient en 3 points, et le premier est le seul que tout le monde connaisse.
- Le prix: la SVOD prélève une somme fixe tous les mois, que l'on regarde ou non; l'AVOD ne prélève rien et se rembourse au visionnage, coupure par coupure.
- Le catalogue: la SVOD achète des exclusivités et des nouveautés qu'elle amortit sur ses abonnés; l'AVOD achète du fonds, c'est-à-dire des titres dont la licence coûte moins cher qu'une nouveauté, ce qui donne des catalogues riches en comédies anciennes, en films d'horreur, en telenovelas et en séries policières.
- La stabilité: une licence de SVOD se négocie pour plusieurs années et se renouvelle; une licence d'AVOD se négocie plus court, donc un titre entre et sort plus vite, sans annonce.
Le troisième point surprend un spectateur habitué à l'abonnement: avoir trouvé un film hier sur un catalogue publicitaire ne garantit pas de le retrouver le mois prochain. La médiathèque, elle, ouvre un catalogue choisi par une collectivité pour une durée d'abonnement connue, et Les films tombés dans le domaine public ne sortent d'aucun catalogue, puisque personne ne détient plus les droits qui permettraient de les retirer.
Combien de coupures, et où elles tombent
Les coupures se comptent en écrans publicitaires, et leur nombre n'est fixé ni par une loi ni par un tarif public: il dépend du service, de la durée du programme et de ce que l'annonceur a acheté. La forme est en revanche toujours la même. Un écran s'ouvre avant le lancement, ce que le métier appelle le pre-roll; d'autres tombent à l'intérieur du programme, à des points de coupure choisis à l'avance; un dernier écran ferme parfois la lecture.
La règle explicite existe, mais elle s'applique à la télévision linéaire et pas à la demande: la directive européenne sur les services de médias audiovisuels fixe un plafond européen d'une interruption par tranche de 30 minutes de programmation pour une œuvre cinématographique diffusée à l'antenne, et la réglementation française resserre ce plafond pour le cinéma, le nombre de coupures autorisées dans un film sur une chaîne française étant fixé par décret, le décret n° 92-280 dans sa rédaction en vigueur. France Télévisions va plus loin et ne pratique aucune coupure à l'intérieur du programme. Un catalogue à la demande n'est soumis ni à la limite européenne ni à la limite française. Les obligations qui pèsent sur les services de médias audiovisuels à la demande établis en France sont fixées par décret et leur application est contrôlée par l'Arcom, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, née le 1er janvier 2022 de la fusion du CSA et de la Hadopi.
Sur un téléviseur, la règle ne change pas: un service AVOD envoyé vers un Chromecast conserve ses coupures, et certaines applications refusent la diffusion sur un second écran.
Pourquoi un catalogue AVOD est plus petit en France qu'ailleurs
Un catalogue AVOD est plus petit en France que sous la même marque dans un autre pays pour 3 raisons cumulatives, et aucune n'est un choix éditorial du service.
- Les droits se vendent territoire par territoire: un distributeur français peut détenir un film que le service n'a pu acheter que pour l'Allemagne ou pour les États-Unis, et le catalogue s'arrête à la frontière.
- La chronologie des médias retarde le cinéma récent: en France, l'ordre et les délais dans lesquels un film passe de la salle aux différentes fenêtres sont fixés par un accord professionnel étendu par arrêté du ministre chargé de la culture, dont le Centre national du cinéma et de l'image animée publie le texte en vigueur; un catalogue gratuit se trouve tout au bout de cette file.
- Les obligations de catalogue changent la composition: la directive européenne révisée en 2018 impose aux services à la demande une part minimale de 30 pour cent d'œuvres européennes et leur mise en avant, et la France fixe des obligations plus élevées par décret, ce qui déplace la composition du catalogue français plutôt que sa taille.
Ces 3 mécanismes expliquent aussi pourquoi une page de disponibilité trouvée sur un moteur de recherche décrit souvent un autre pays. Le point de départ reste le même: Les plateformes de streaming gratuites recense les 7 voies légales ouvertes en France, et l'AVOD n'en est qu'une.
Pourquoi un titre disparaît sans préavis
Un titre disparaît d'un catalogue publicitaire le jour où la licence qui l'y avait fait entrer arrive à son terme, et rien n'oblige le service à l'annoncer. La date de fin est écrite dans un contrat, pas dans l'interface. Un titre part parfois avant terme, quand un acheteur exclusif se présente pour la même période et le même territoire.
La conduite à tenir se réduit à 3 gestes: relever la date du jour où la disponibilité a été constatée, regarder le programme pendant qu'il est là, et vérifier sur le service lui-même, seule source à jour de son propre catalogue.
Pour aller plus loin
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